Fin de prêt relais : vendre avant l'échéance

Votre prêt relais arrive à terme et l'ancien bien n'est pas vendu. Voici comment chiffrer précisément le coût de l'attente, ce que la banque peut faire, et à quel moment un rachat comptant devient l'option rationnelle.

En un mot

Un prêt relais est consenti pour une durée courte, généralement douze mois renouvelables une fois, soit vingt-quatre mois au maximum. À l'échéance, le capital devient exigible en une seule fois : si l'ancien logement n'est pas vendu, la banque peut proroger, transformer le relais en prêt amortissable, ou exiger le remboursement.

Vendre avant l'échéance, même avec une décote de 15 % à 25 %, coûte souvent moins cher que de porter deux crédits pendant une durée que personne ne peut vous annoncer.

Portrait de Julien Houllière, Directeur Sourcing

Directeur Sourcing

Julien Houllière

Il dirige la recherche des biens que le groupe rachète. Les dossiers déposés sur ce site lui parviennent et sont instruits sous sa responsabilité.

Comment fonctionne un prêt relais, et où il devient dangereux

Le prêt relais avance une fraction de la valeur de votre bien actuel, couramment 60 % à 80 % de l'estimation retenue par la banque, pour vous permettre d'acheter avant d'avoir vendu. Pendant sa durée, vous ne remboursez en général que les intérêts, parfois rien du tout dans la formule dite à franchise totale. Le capital est remboursé en une fois, avec le produit de la vente.

Le mécanisme est sain lorsque la vente se conclut dans les délais prévus. Il devient coûteux dès que l'estimation de départ était optimiste. Une banque avance 70 % d'une valeur estimée trop haut, et le vendeur découvre à l'échéance que le prix réellement atteignable ne couvre plus le relais et son nouvel achat.

Le problème n'est presque jamais la vente. C'est l'écart entre l'estimation qui a servi à obtenir le relais et le prix que le marché accepte.

Ce que la banque peut faire à l'échéance

À l'échéance, trois issues existent et elles ne dépendent pas seulement de vous. La banque peut accorder une prorogation, souvent de six à douze mois, généralement contre un taux revu et parfois des frais de dossier.

Elle peut transformer le relais en prêt amortissable, ce qui allège l'échéance immédiate mais ajoute une charge mensuelle durable. Elle peut enfin prononcer la déchéance du terme et exiger le remboursement intégral.

Cette dernière issue est la plus rare, mais elle existe et elle enclenche une mécanique rapide : mise en demeure, inscription de l'incident, puis procédure de saisie immobilière si rien ne bouge. À ce stade, le calendrier n'est plus le vôtre, et la vente se fait dans des conditions moins favorables qu'une vente choisie.

Le bon réflexe est d'écrire à votre conseiller avant l'échéance, pas après. Une demande de prorogation appuyée par une offre écrite de rachat comptant, avec une date d'acte prévisible, se traite très différemment d'un appel de dernière minute sans document.

Chiffrer le coût réel de l'attente

Comparer un rachat comptant à une vente classique ne se fait pas sur le seul prix affiché. Il faut ajouter, du côté de la vente classique, tout ce que vous payez pendant les mois d'attente. Voici la structure de calcul, à remplir avec vos propres chiffres.

Fourchettes indicatives à remplacer par vos montants réels. Les intérêts dépendent du taux figurant à votre offre de prêt.
PosteOrdre de grandeur mensuelSur 6 mois
Intérêts du prêt relais0,3 % à 0,5 % du capital avancé1,8 % à 3 % du capital
Charges de copropriété de l'ancien bien80 à 250 euros480 à 1 500 euros
Taxe foncière au prorata40 à 200 euros240 à 1 200 euros
Assurance habitation du bien vide15 à 40 euros90 à 240 euros
Énergie et entretien minimum30 à 90 euros180 à 540 euros

À ces sommes s'ajoutent les frais d'agence si la vente classique aboutit, couramment 4 % à 6 % du prix en Île-de-France, ainsi que les diagnostics obligatoires. Une fois ces lignes additionnées, l'écart entre une vente en agence, dont la date reste inconnue, et un rachat comptant dans huit semaines se réduit sensiblement, et il peut s'inverser si une baisse de prix devient nécessaire pour trouver preneur.

Notre calendrier, calé sur votre échéance

Nous partons de votre date d'échéance et nous remontons. L'acte notarié demande six à dix semaines après la signature de la promesse, parce qu'il faut purger le délai de rétractation, obtenir les pièces de copropriété, l'état hypothécaire et le décompte de remboursement anticipé de votre banque.

Si votre échéance est dans moins de huit semaines, dites-le au premier appel : nous vous dirons franchement si la date est tenable.

  • Estimation en ligne, fourchette immédiate, sans création de compte.
  • Appel sur les disponibilités que vous indiquez pour valider l'échéance et les pièces disponibles.
  • Visite sous cinq jours, une heure sur place.
  • Offre ferme sous 48 heures après la visite, non révisée ensuite.
  • Dix jours de rétractation après signature de la promesse, sans frais.
  • Virement à l'acte notarié, avec remboursement direct du relais entre les mains du notaire.

Le remboursement du prêt relais s'opère par le notaire, sur présentation du décompte de votre banque. Vous n'avez pas à faire circuler les fonds vous-même, et l'inscription hypothécaire est levée dans le même acte.

Quand attendre reste préférable

Si votre bien est déjà sous promesse avec un acquéreur dont le prêt est accordé, attendez : la vente ira au bout et vous encaisserez le prix plein. Si votre échéance est encore à plus de six mois et que le bien est en bon état dans un secteur liquide, une commercialisation classique bien menée reste le meilleur calcul.

Une prorogation obtenue par écrit à un taux inchangé change également la donne : elle vous rend du temps sans coût supplémentaire notable. Demandez-la avant de vous engager avec nous, et revenez si la réponse est négative.

Ce qui peut bloquer

Voici les points qui ralentissent réellement une vente dans cette situation, et la pièce qui permet de les lever.

La déchéance du terme a déjà été prononcée

Le capital est intégralement exigible et des frais s'ajoutent. La vente reste possible mais le calendrier se durcit, et la banque doit être associée à la discussion dès le départ.

Pièce à fournir : Courrier de déchéance du terme et décompte actualisé de la créance.

Une procédure de saisie immobilière est engagée

À partir du commandement de payer valant saisie, la vente amiable doit être autorisée par le juge de l'exécution. Si l'audience d'adjudication est à moins de deux mois, nous ne remettons pas d'offre et nous vous orientons vers un avocat.

Pièce à fournir : Commandement de payer valant saisie et, le cas échéant, jugement d'orientation.

Le capital restant dû dépasse la valeur du bien

Le prix ne suffit pas à lever l'hypothèque. Le notaire ne peut alors pas signer sans un accord écrit de la banque acceptant un remboursement partiel, ce qui se négocie et prend du temps.

Pièce à fournir : Décompte de remboursement anticipé de la banque et état hypothécaire.

Un mandat exclusif court encore avec une agence

Vendre à un autre acquéreur pendant un mandat exclusif expose au paiement de la commission. Nous attendons la fin du mandat plutôt que de vous exposer, et nous notons simplement sa date d'expiration.

Pièce à fournir : Copie du mandat signé, avec sa date de fin et ses conditions de résiliation.

Des pénalités de remboursement anticipé s'appliquent

Sur un prêt amortissable, l'indemnité est plafonnée à six mois d'intérêts sur le capital remboursé et à 3 % de ce capital. Le prêt relais en est souvent exonéré, mais cela dépend de votre contrat.

Pièce à fournir : Offre de prêt initiale, article relatif au remboursement anticipé.

Les pièces à réunir

  • Offre de prêt relais et tableau d'amortissement s'il existe.
  • Décompte de remboursement anticipé demandé à la banque.
  • Titre de propriété du bien à vendre.
  • Dernier avis de taxe foncière et appels de charges des deux dernières années.
  • Trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale de copropriété.
  • Diagnostic de performance énergétique existant.
  • Courriers échangés avec la banque sur l'échéance ou la prorogation.
  • Mandat de vente en cours, s'il y en a un.

Questions fréquentes

Estimer le bien à vendre avant l'échéance

La fourchette est immédiate. Nous appelons ensuite sur les disponibilités que vous indiquez pour caler le calendrier sur votre date d'échéance.

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