Vendre un bien classé F ou G
Votre logement est classé F ou G. Voici ce que la loi impose au moment de la vente, ce que le classement change réellement sur le prix et sur le nombre d'acquéreurs, et le calcul complet de l'alternative consistant à faire les travaux avant de vendre.
En un mot
Depuis le 1er janvier 2025, la vente d'un logement individuel ou d'un bâtiment d'habitation en monopropriété classé E, F ou G impose de remettre à l'acquéreur un audit énergétique, en plus du diagnostic de performance énergétique.
Sur le plan locatif, les logements classés G sont interdits à la location pour les nouveaux contrats depuis le 1er janvier 2025, les logements classés F le seront à compter du 1er janvier 2028 et les logements classés E à compter du 1er janvier 2034. Un bien F ou G reste parfaitement vendable, mais il s'adresse à moins d'acquéreurs, et ceux qui restent négocient le montant des travaux.


L'audit énergétique obligatoire à la vente
L'audit énergétique n'est pas un second diagnostic de performance énergétique. Le DPE mesure et classe. L'audit propose des scénarios de travaux permettant d'atteindre des classes supérieures, avec une estimation des coûts, des économies attendues et des aides mobilisables.
Son périmètre est précis et souvent mal compris. Il concerne les maisons individuelles et les immeubles d'habitation appartenant à un seul propriétaire, lorsqu'ils sont classés E, F ou G en métropole. Un appartement situé dans une copropriété n'y est pas soumis. Le calendrier a été progressif : les classes F et G depuis le 1er avril 2023, la classe E depuis le 1er janvier 2025.
- Il est remis à l'acquéreur dès la première visite, au même titre que le dossier de diagnostic technique.
- Il est réalisé par un professionnel qualifié, distinct du diagnostiqueur si celui-ci n'a pas la qualification requise.
- Il présente au moins deux scénarios de travaux, dont un permettant d'atteindre la classe C au minimum, en une ou plusieurs étapes.
- Sa validité est de cinq ans.
Cet audit joue un rôle que peu de vendeurs anticipent : il chiffre par écrit, pour l'acquéreur, le montant des travaux à prévoir. Cette somme devient le point de départ de la négociation. Ne pas l'avoir ne vous protège pas, cela retarde simplement la discussion, car l'acquéreur ne peut pas signer sans lui lorsque le bien y est soumis.
Faites réaliser l'audit avant la mise en vente, pas pendant. Le découvrir en cours de négociation vous met en position de réagir plutôt que d'expliquer.
Le calendrier d'interdiction de location
Le critère de décence énergétique introduit par la loi Climat et résilience du 22 août 2021 exclut progressivement les logements les plus consommateurs du parc locatif. Ce calendrier concerne la location, non la vente : vous pouvez vendre un bien G sans restriction liée à son classement.
| Poste | Interdiction pour les nouveaux contrats de location | Effet sur la vente |
|---|---|---|
| G | Depuis le 1er janvier 2025 | Vente libre, mais les acquéreurs investisseurs se retirent |
| F | À compter du 1er janvier 2028 | Vente libre, avec une négociation appuyée sur l'échéance |
| E | À compter du 1er janvier 2034 | Vente libre, effet aujourd'hui limité |
Calendrier issu de la loi Climat et résilience du 22 août 2021, en vigueur à la date de mise à jour de cette page. La mesure s'applique aux nouveaux contrats, renouvellements et reconductions tacites.
L'effet est indirect mais net : un logement G n'intéresse plus un acquéreur qui comptait le louer en l'état. Sur les petites surfaces franciliennes, où les investisseurs représentent une part significative de la demande, cette catégorie d'acquéreurs disparaît de vos visites. Il reste les acquéreurs qui veulent habiter, et ceux qui rénovent.
L'effet réel sur le prix et sur le nombre d'acquéreurs
Deux mécanismes se cumulent, et il est utile de les distinguer parce qu'ils ne se corrigent pas de la même manière.
Le premier est un effet de prix. L'acquéreur déduit le coût des travaux qu'il va devoir engager, en s'appuyant sur l'audit ou sur ses propres devis, et il applique généralement une marge de sécurité au-delà du chiffre annoncé, parce qu'il n'a pas encore consulté d'entreprise.
Le second est un effet de volume : moins de personnes visitent, les visites s'espacent, et le bien reste plus longtemps en vitrine, ce qui déclenche à son tour une nouvelle baisse de prix.
Nous ne publions pas de pourcentage moyen de décote liée à l'étiquette, parce qu'aucun chiffre unique n'est valable pour tous les biens : l'écart dépend du secteur, de la surface, de la nature des travaux et de la capacité de la copropriété à les porter.
Les analyses publiques disponibles sur le sujet, notamment celles des notaires, publient des écarts de prix par étiquette selon les zones : consultez-les pour votre secteur plutôt que de retenir une moyenne nationale.
La difficulté de financement de l'acquéreur
C'est le point qui fait échouer le plus de ventes de biens F et G. L'acquéreur doit financer le prix, les frais d'acquisition, et les travaux. Or les travaux ne sont pas garantis par le bien dans l'état où il l'achète, et la banque examine l'ensemble au regard de son taux d'endettement.
Un dossier qui passait pour un bien classé D peut être refusé pour un bien classé G au même prix, parce que l'enveloppe totale augmente.
- Le prêt avance mutation, distribué par certains établissements, permet de différer le remboursement du capital des travaux jusqu'à la mutation du bien.
- L'éco-prêt à taux zéro peut financer certains bouquets de travaux, dans les plafonds et conditions en vigueur.
- MaPrimeRénov' et les aides des collectivités s'adressent au propriétaire qui réalise les travaux, ce qui suppose d'être déjà propriétaire, donc après l'acte.
Conséquence pratique pour vous, vendeur : préparez-vous à des promesses signées puis annulées faute de financement. Chaque échec coûte six à huit semaines et remet le bien sur le marché avec une visibilité entamée.
Faire les travaux avant de vendre : le calcul honnête
C'est l'alternative sérieuse à un rachat comptant, et dans un nombre significatif de cas elle rapporte davantage. Voici les quatre paramètres à établir avant de décider, avec vos propres chiffres.
| Poste | Comment l'obtenir | Ce qui fait basculer la décision |
|---|---|---|
| Le coût | Trois devis d'entreprises sur le scénario retenu de l'audit | Un écart important entre devis signale un poste mal défini |
| Le délai | Date de démarrage annoncée par les entreprises, plus la durée de chantier | En copropriété, l'attente d'un vote en assemblée générale ajoute des mois |
| Les aides | Simulation sur france-renov.gouv.fr et devis d'artisans qualifiés RGE | Le reste à charge après aides, jamais le montant brut de l'aide |
| Le gain de classe | Scénario de l'audit, puis DPE de fin de travaux | Le gain est un objectif, pas une garantie contractuelle |
Le dernier paramètre est le plus incertain : un scénario d'audit annonce une classe atteignable, il ne l'engage pas.
L'incertitude sur le gain de classe est réelle. Le calcul du DPE tient compte de l'enveloppe, du système de chauffage, de la ventilation et de la production d'eau chaude. Isoler des combles sans traiter le chauffage peut ne pas suffire à changer d'étiquette. En appartement, une partie des leviers appartient à la copropriété : façade, toiture, chauffage collectif. Vous ne pouvez pas les décider seul.
Si vous disposez de la trésorerie, d'entreprises disponibles et de temps sans date imposée, faire les travaux puis vendre en agence rapporte souvent davantage que de nous vendre. Nous vous le disons, et nous ne vous rappellerons pas pour vous convaincre du contraire.
Le calcul s'inverse dans trois cas. Quand vous devez avancer les travaux sans avoir la trésorerie, en empruntant à un taux qui absorbe le gain espéré. Quand vous ne pouvez pas suivre un chantier, parce que vous vivez loin ou que votre situation ne le permet pas.
Quand les travaux décisifs relèvent de la copropriété et qu'aucun plan pluriannuel n'est voté : vous porterez alors le bien plusieurs années sans changer son étiquette.
Ce que nous faisons d'un bien F ou G
Nous achetons pour notre propre compte, nous rénovons, nous revendons. Sur un bien F ou G, notre travail consiste à porter le risque de chantier que l'acquéreur particulier ne veut pas porter : le coût réel des travaux, les mauvaises surprises derrière une cloison, le délai des entreprises, et l'incertitude sur la classe obtenue.
Notre prix reflète ces éléments, et il les reflète de manière publiée : le classement énergétique et l'ampleur des travaux constatés sont des lignes de notre grille, avec leur amplitude. Ce sont des caractéristiques du bien. Votre situation personnelle, votre urgence ou la raison de votre vente n'entrent pas dans le calcul et ne sont pas transmises au moteur d'estimation.
- Estimation en ligne, fourchette immédiate, sans création de compte.
- Appel sur les disponibilités que vous indiquez pour identifier les travaux et l'état de la copropriété.
- Visite sous cinq jours, une heure sur place, avec accès aux parties communes si possible.
- Offre ferme sous 48 heures après la visite, écrite, non révisée ensuite.
- Dix jours de rétractation après signature de la promesse, sans frais.
- Virement à l'acte notarié, six à dix semaines plus tard.
Ce qui peut bloquer
Voici les points qui ralentissent réellement une vente dans cette situation, et la pièce qui permet de les lever.
Aucun devis de travaux n'a été obtenu
Sans devis, la discussion sur le montant des travaux se fait à l'estime, ce qui joue contre vous face à un acquéreur particulier. Deux ou trois devis suffisent à cadrer la négociation.
Pièce à fournir : Deux ou trois devis d'entreprises sur le scénario de travaux retenu, avec leurs dates de validité.
La copropriété n'a voté aucun plan pluriannuel de travaux
Les leviers collectifs, façade, toiture, chauffage, ne bougeront pas à court terme. C'est une information déterminante pour un acquéreur et pour nous, et elle doit figurer au dossier.
Pièce à fournir : Trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale, projet de plan pluriannuel de travaux et diagnostic technique global s'il existe.
Le DPE est expiré ou contesté
Un DPE périmé ne peut pas servir de base. Une contestation portant sur une erreur de méthode se règle avec le diagnostiqueur, pas avec l'acquéreur, et il faut refaire le diagnostic.
Pièce à fournir : DPE existant, même expiré, et courriers échangés avec le diagnostiqueur.
Un locataire est en place dans un logement classé G
Le bail en cours se poursuit, l'interdiction s'applique aux nouveaux contrats, renouvellements et reconductions tacites. Le locataire peut par ailleurs demander une mise en conformité. Cette contrainte doit être connue avant l'offre.
Pièce à fournir : Bail signé, dernier avis d'échéance et courriers du locataire relatifs à la performance énergétique.
Des acquéreurs se sont désistés faute de prêt
C'est fréquent sur les biens F et G, parce que la banque additionne le prix et les travaux. Chaque désistement remet le bien en vente et repousse d'autant la signature.
Pièce à fournir : Copie des promesses caduques et attestations de refus de prêt, si vous les avez conservées.
Les pièces à réunir
- Diagnostic de performance énergétique en cours de validité.
- Titre de propriété du bien.
- Trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale de copropriété.
- Projet de plan pluriannuel de travaux et diagnostic technique global, s'ils existent.
- Appels de charges des deux dernières années et échéancier des appels de fonds travaux.
- Dernier avis de taxe foncière.
- Devis de travaux déjà obtenus, avec leur date.
- Factures des travaux déjà réalisés, notamment isolation, menuiseries et chauffage.
- Bail en cours, si le bien est loué.
Si une pièce manque, la vente peut tout de même être préparée. Nous vous indiquons dans quel ordre les obtenir.
Questions fréquentes
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Page mise à jour le 17 septembre 2026.